lundi 25 décembre 2023

NOEL 2023.

 Une des phrases célèbres de F. Mauriac - plus exactement une reprise de l'Evangile - mais qu'il cite souvent est : "Que trouvera le Fils de l'Homme quand il reviendra sur terre ?"

C'est souvent une question que je me pose, en ces temps de Noël, qui est devenu là aussi en 50 ans une fête de la Bouffe dans toutes ces formes.

Même les non catholiques se veulent de célébrer Noel, sous cette forme paiënne, bouffe, réunions familiales, et cadeaux.

Dans mon enfance, Noël était très différent. On célébrait d'abord Jesus et Beethléem. Enfant, je n'allais pas à la messe de Minuit, et je me pense que ma première fut à 8 ans Mais il n'y avait pas de réveillon. Tout juste une collation après la messe. l'église était pleine. Certes, les hommes étaient moins nombreux. Mais les communions étaient innombrables. Après la 3°messe, légère collation, simple, pas un vrai repas, et cncore moins de beuveries.

Le Père Noel, déposait dans la nuit au pied du sapin les cadeaux, et que pour les enfants. Et pas des montagnes. le jour de Noel, repas familial, tant que la grand mère fut vivante. Après ce furent les soeurs qui l'organisèrent, chacune apportant un plat.

Les cadeaux pour les adultes, qu'on appelait alors étrennes, étaient là aussi codifiés. Une écharpe pour le père, une eau de cologne bon marché, parfois une boite de chocolat pour les voisins, et toujours quelque chose pour l'institutrice, qu'on lui portait à la rentrée.

L'autre jour, au téléphone, je parlais à une personne âgée de 96ans, qui s'appelle BLANC. Elle me demandait ce que je ferais comme cuisine pour Noel. Je commis la maladresse de spontanéité de répondre "tout blanc", et bien sûr il ne comprit pas.

En effet la tradition pour le repas de Noel, au moins en famille proche, était de préparer une cuisine "blanche" - peut être vient de là la tradition des boudins blancs inconnue chez nous alors - c'est à dire des quenelles à la creme, accompagnées parfois de morilles, des vols au vent financiers, une poule à la crème ou au riz, je me souviens également d'un brochet en gelée etc. avant la traditionnelle bûche très simple, genre biscuit roulé, que ma mère faisait la veille, ou une autre plus sophistiquée, avec un glaçage meringuée. Point de champagne, ni d'apéritifs; Par contre, je me souviens avoir goûté à cette occasion les meilleurs crus de Bourgogne, qui alors valaient trois francs six sous, mais semblaient authentiques par leur pinot ou chardonnay.

La veillée de Noel, puisqu'il fallait attendre l'heure de la messe, était simple avant le temps de la télévision, jusqu'a mes dix ans. On sortait l'électrophone pour écouter les lettres de mon moulin, par Fernandel, ou quelque opérette, de Franz Lehar, ou des valses.

Mais je me souviens surtout d'une forte joie chez les gens, malgré cette simplicité. Hier, revenant d'une crèche dans Paris, j'ai été surpris que les gens, parfois chargés de paquets, ou de desserts,  ne semblaient pas vraiment heureux. On voyait comme une fatigue, une lassitude, une obligation.

Je ne sais pas encore si la messe de St Sulpice avait du monde hier soir. Mais à l'inverse de F. Mauriac, je n'ai pas de servante, donc je vais aller reprendre le fil de la cuisine, en écoutant des Noels de Louis Claude DAQUIN, compositeur oublié, mais dont les oeuvres pour les orgues de Noel sont si belles. Elles disent cette joie de l'enfant qui vient de naître.

vendredi 24 novembre 2023

BILANS , CHANGEMENTS TRAVERSES AU COURS DES 50 DERNIERES ANNEES

 Cet été, au milieu de soucis sans fin, j'ai lu ou parcouru le livre du penseur de Sarkozy, j'ai nommé Patrick BUISSON, qui se veut une analyse des évolutions profondes de la mentalité (au sens large des Francais et des Françaises). C'est vrai que bien des choses ont évolué, changé, été transformées au cours des 50 dernières années.

Pour ma part, j'avais une approche plus prosaïque des évolutions : me rappelant ma petite enfance, et même l'adolescence, beaucoup de choses me frappaient, sans que je l'explicasse . Pourquoi le lard fumé et le jambon n'avaient plus le gout de l'enfance, ni les gâteaux pourtant étiquetés de pâtissiers en renom sur les tv,  pourquoi tant de gens couraient si loin sur les routes, pourquoi les intérieurs et leur ameublement étaient devenus d'une standardisation incroyable ? pourquoi les gens ne lisaient plus ? pourquoi leurs propos étaient souvent marqués d'un c cool, c chouette, pas très éloquents, voire c super ! on se fait un apéro ? pourquoi ces tendances de vacances, de loisirs uniformes ? le soin du corps, et bien sûr une déchristinisation assez profonde, les obseques se transformant en crémation et apéritif 

Les faits divers aussi parlent. Combien de meurtres d'enfants, de suicides de parents ? la rubrique des faits divers n'est qu'un invraisemblable catalogue.

Frappant aussi cette perte d'ambitions professionnelles, de goût du travail, de la satisfaction au boulot, combinée aussi à une volonté de profiter de la vie a tout crin. Plus d'économies faites, de choix. Le bon plaisir intervient partout. Ne parlons pas de la sexualité, malgré les multiples essais inimaginables jadis.

 le tournant fut sans doute proche de 1968, et des désillusions du communisme qu'on croyait fraternel. Bcp de gens avaient cru dans le Parti, le communisme, etc. L'élévation du niveau de vie, l'individualisme favorisa d'autres objectifs.

La libération féminine en fut le principal. Pourquoi pas changer ? Sans Simone de Beauvoir, ma mère passa le permis à 50 ans toute seule, début 1968. Besoins de liberté sans doute car son mari n'aimait pas prendre la voiture, fanatique de la marche à pieds et de l'horizon local. Elle cessa aussi de coudre ses robes et voulut avoir des vêtements plus adaptés, un chéquier etc. Mais elle resta aussi pieuse et à cheval sur les principes

Le monde était quasiment resté inchangé de Louis XVI à 1914, avec son organisation aristocratique, ses grandes familles, la paysannerie. Bien sûr, des découvertes, Pasteur, le téléphone, la voiture. Mais depuis Hiroshima, que de changements dans tous les domaines.

 

mercredi 18 octobre 2023

DE GAZA et autres

Que penser des évènements actuels de Gaza et de leurs milliers de morts dans les deux camps ? comment penser efficacement et justement sur ces cadavres encore fumants, et tous ces malheurs annoncés ?

Le seul qui m'ait paru avoir un avis juste et rationnel est TONY BRAUMAN, ex msf, maoiste, gauchiste, etc, et surtout, juif, même si non pratiquant. Au micro de France Culture, au milieu des cris venus de toute part, il a été Salomon, c'est a dire en rappelant toutes les souffrances du peuple palestinien, depuis 1948, et en particulier les blocus subis par Gaza, depuis 2000, dans l'indifférence du monde.

En quelque sorte, il paraissait suivre Michel Jobert, qui, à l'occasion de la guerre dite du Kippour, il y a 50 ans avait dit, face à Kissinger :" est ce que de tenter de remettre les pieds chez soi constitue forcément une agression imprévue ?"

Certes, ces massacres, des deux camps, sont horribles, et il faut bien observer que le droit international est foulé aux pieds. Mais ne gagnerait on pas à justement saisir un tribunal compétent ?

Qu'aurait dit François Mauriac ? Je ne pensais pas pour ma part que le peuple qui avait subi le ghetto de Varsovie serait capable de lancer ses avions et ses fusées contre un peuple bloqué sur une bande de 380 km2.

Les risques d'une déflagration majeure sont réels. J'ai été plus que surpris que la France, pays des droits de l'Homme, des lumières, ne prenne pas une position équilibrée. Surtout quand 8 millions d'arabes vivent sur le sol de France, la plus grosse communauté en Europe, dont le coeur bat pour la Palestine et Gaza 

Nous aligner sur les USA, étouffé sous le lobby juif - quelle belle histoire hier sur ARTE montrant que les USA n'avaient rien fait pour les juifs des années 30 à 1945 - est une grosse erreur, car c'est ressuciter un Occident qui n'a aucune politique étrangère. Vietnam, Irak, Afghanisthan, que d'erreurs !



mercredi 30 août 2023

 30 aout 2023



Mauriac aurait sans doute souri à la mort de Prigojine, et évoqué le vase de Soissons. Cette semaine, sur Youtube, j'ai vu 2 conférences, dont une de Jean Luc Barré, parlant de Mauriac, et du fait qu'il ne s'était guère trompé dans son Bloc Notes.

J'ai poursuivi ma réflexion en songeant à tous ces normaliens, beaux esprits qui se sont trompés, les faits le disent aujourd'hui, Soller, Sartre, Beauvoir, Althusser, et tant d'autres, et je me suis surpris à voir, noter, remarquer que les philosophes catholiques, type Simone Veil, Mauriac, et aussi Bernanos, eux ne s'etaient guère trompés, et pourquoi ?

Pour ma part, je me souviens de 1978, des premiers ennuis du Chah, ensuite de l'arrivée de Khomeiny, poussé j'allais dire sur le bouclier par l'Occident tout entier, de Carter à Giscard. Cela m'apparut une monstrueuse erreur, même si le Chah était loin d'être un enfant de choeur; Pourquoi ? parce que déjà l'Islam apparaissait sous un visage rétrograhe, sinon dépassé.

45 ans plus tard, on voit les femmes iraniennes, jeunes pour la plupart, mais fortes du Lion de Darius, rejeter et les mollahs et la charia. Ces deux n'ont pas réussi à évoluer, à avancer, et sont au contraire des obstacles à la Liberté.

Bref, comme le communisme est mort de ses étroitesses, oui, je pense que l'Islam, s'il n'évolue pas et bcp, ne tiendra pas !! la contestation n'est pas encore montée dans des pays disons anciens, mais l'exemple de l'Iran montre le vrai combat. Il en sera de même avec le communisme chinois qui n'a pas tenu face a une Coupe du Monde. Tremblez, tyrans.

dimanche 9 avril 2023

 Je retrouve François Mauriac, en ce jour de Paques ! la semaine où sans doute stupidement, je disais à un interlocuteur au telephone "qui lit encore Mauriac", alors qu'il me recommandait Elie Faure, qu'il faudra que j'entame.

Oui, François Mauriac, dont j'ai eu la surprise de découvrir que M. CAZENEUVE en était aussi un fidèle, meme s'il est plus jeune que moi.


Oui, cette semaine, je relisais F. Mauriac, et ses écrits politiques. Que dirait il aujourd'hui, avec sa réflexion poussée, sa sensibilité, et bien sûr sa Foi ? Pardonnerait il aux pêcheurs ? les plongerait il dans le feu de l'Enfer.

Il fut un curieux mélange de raison, et d'espérance, et cet attelage fait qu'il se trompa que très rarement. Cette semaine, j'ai pourtant revu certains points.

A l'heure où le monde intellectuel germanopratin s'entichait de la Pensée de Mao, du petit livre rouge, que la France la reconnaissait comme Etat, donc en 1964, les camps de rééducation se multipliaient en Chine, faisant avec le bond en avant, sic et resic, plus de 20 millions de morts, sinon 50.

Depuis,  la chine a cru économiquement, militairement, mais a t'elle changé ? Un de mes correspondants en Chine a disparu du jour au lendemain, les camps de Ouighours sont bien là, la dictature aussi.  

L'Ukraine est elle notre guerre d'Espagne ? pas exactement. Mais sur le papier, La Russie est l'agresseur d'un pays voisin, mais indépendant, et se voulant Nation.

Qu'est ce que la Russie aujourd'hui ? sur le plan économique, un nain, produisant un peu moins que l'Italie, un peu plus que la moitié de la France, le tiers de l'Allemagne, 1800 milliards d'euros.

Sur le plan démographique, 140 millions d'habitants, avec une population baissant de 1 million par an, sur un territoire géographiquement immense, et les ressources de premier ordre. Mais que peut une nation si petite sur une surface si vaste ? ce serait de se défendre, pas d'attaquer son voisin.

Cela a  probablement été décidé parce que c'est une dictature (les dictatures attaquent, pas les démocraties) et qu'aucune voix n'a pu se faire entendre, les opposants étant tous en prison. Que pourront faire quelques excités déments face à la volonté d'un peuple ?

Oui, le Monde va au devant de grandes difficultés, mais il convient d'être gaullien ou mauriacien pour avancer.

mardi 3 janvier 2023

DE FRANCOIS MAURIAC et de la justesse de vues, ou

Je me souviens de jadis, quand j'avais relu le Bloc Notes, en trois tomes, environ 30 ans. Ma surprise, au delà des commentaires sur l'Histoire de pres de 60 ans, avait été de voir, de constater combien ces pages restaient vraies, 50 ans plus tard, tout à fait pleines de vérités.

 Je pensais d'abord qu'il y avait le fait de la sélection, l'auteur pouvant reprendre les chroniques ou il se trompe le moins, comme je sélectionnerais les bonnes feuilles de ce blog.

 J'écrivis alors à Jean Touzot, le spécialiste de Mauriac, pour lui faire part de ma surprise. Par une lettre que je dois avoir qq part, il me répondit deux choses : que non, il n'avait pas sélectionné outre mesure les articles repris, que deux, en effet, Mauriac s'était peu trompé dans ses commentaires ou ses attaques.

A quoi cela tient il que Mauriac fasse si peu d'erreurs de jugement, lui pourtant issu d'un milieu de province relativement fermé et conservateur ? sa pensée ? ses lectures ? le sens de l'éternité ? j'y réfléchis toujours.

Peu de gens sont ainsi, clairvoyants. Tocqueville, Lawrence en partie. Ataturk. C'est très rare. Et quelle est ma perplexité aujourd'hui, en voyant ce que je n'hesite pas à qualifier d'erreurs récentes :

- Cameron et le Brexit

- l'élection et le comportement de Trump

- l'invasion de l'Ukraine par Poutine, et surtout les motifs avancés.

- la politique du covid en Chine, et ses retournements aussi soudains que totaux

- les théories du grand remplacement

- l'Iran et sa jeunesse

- l'état de l'Algérie, 60 ans après l'indépendance

- et tous ceux qui naviguent sur ces erreurs : Zemmour, Pierre de Gaulle, Carrere d'Encause, Melenchon et sa troupe. Pourquoi l'intelligence est elle si rare et si mal partagée. D'où le mot de Descartes sur le bon sens

etc.

Une chose est sûre, les dictatures sont le meilleur moyen de se tromper