vendredi 10 janvier 2014

REVE OU REALITE

Les voeux du Président de la République m'ont ramené 35 ans en arriere, en quelque sorte. Me voila rajeuni. Je gratouillais dans mon bureau, attendant le repas amélioré, quand ses mots sont sortis de la radio qui me tient compagnie. Mais diable, que se passe t'il ? quel débit rapide, quel langage offensif, que des je veux, comme un appel a la mobilisation, alors que la France est prise dans la torpeur de la St Sylvestre, et que chacun moins attentif que moi doit qui se doucher qui penser a sa soirée. Bref, j'ai peur que ses mots tombent à côté. J'écarquille encore plus les oreilles quand je l'entends chanter la réduction des dépenses, la baisse des impôts, faisant fi des obligations raisonnables de cette fin d'année, à savoir un bilan simple, et une direction claire pour l'avenir, dans une atmosphere de douceur.  Du coup, un peu surpris par ces mal(es) propos, et me demandant qui lui avait servi de plume, je décidais de jouer au Francois Mauriac du 31 décembre 1968.

Francaises, Francais, et vous tous Habitants de cette France que nous aimons tant, ou citoyens du Monde, qui m'écoutaient ce soir.

2013 se termine. Pour la deuxième fois de mon mandat, je viens vous présenter mes voeux. Ce fut une année difficile, à bien des égards, pour beaucoup d'entre nous. Malgré les efforts que je vous ai demandés, qui sont lourds, qui n'ont pas manqué de susciter des réactions, la France a encore vu son endettement public augmenter, même s'il le fait de façon désormais plus faible qu'avant, à des taux bas.

La croissance a continué de se trainer, à des taux faibles, et le chômage n'a pas manqué d'en sentir les conséquences. Bref la situation est pénible et voila 6 ans qu'elle affecte durement beaucoup d'entre vous. Face à cela, il m'appartient, en tant qu'élu de toute la Nation, ayant en charge son destin, et assumant la responsabilité de l'Etat, de vous expliquer mon sentiment profond à ce sujet.

La France est un bon et vieux pays, dont l'Histoire appartient au fond des âges. Elle s'est faite a partir de Paris, dont je vous parle, pour progressivement atteindre les frontières que l'on connait, puis au XIXeme siècle, devenir un pays colonisateur sur bien des continents, Afrique, Asie. C'est alors qu'elle était un Empire rayonnant, riche, et heureux - ne parle t'on  pas de  Belle Epoque - qu'une guerre stupide ravagea l'Europe, guerre dont nous allons commérorer cette année le centenaire de la déclaration.

100 ans, à peine une vie d'homme d'aujourd'hui. 4 ans de combat sur son sol, contre son proche voisin, 2 millions de morts ont bouleversé tout le monde de la Belle Epoque. L'Allemagne était ruinée, la France victorieuse était exsangue et couverte de dettes, l'Empire austro hongrois avait disparu, et la Russie était devenue marxiste.

D'une certaine facon, les années qui suivirent furent autant de soubresauts issus de cette folie. Crise du franc, crise des dettes, crise de 1929, montée du populisme allemand, déclin de la natalité française faute d'avoir retrouvé nos forces. Tout se liguait pour hélas combiner  une deuxième fois la folie des hommes et des peuples et ruiner une deuxième fois l'Europe, et le Monde.

Cette fois, plus de 50 millions de morts en payèrent le prix. Tout était à reconstruire. Rien ne subsistait de l'ancien monde. Les peuples nouveaux voulaient et la paix et leur indépendance. Dès 1947, L'Inde accédait à l'indépendance, la Chine s'établissait dans la République en 1949, et l'Europe elle même, ayant recouvré ses premières forces, faisait les premiers pas vers l'union, en 1954.

S'ensuivit une période unique dans l'Histoire de croissance économique, de développement des peuples, qui, s'il n'était pas parfait, laissait croire que les vieux démons étaient morts.....30 ans de croissance ininterrompue, la France relevée, à tel point qu'en 1973, elle semblait vouer à être la première nation d'Europe.

 Mais j''arrête ici de rêver les yeux ouverts, les perspectives historiques n'existent plus, les présidents ne savent plus les trouver, et encore moins les indiquer.......... heureusement que je me souviens un peu.

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